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Lily Cup | Eté 2014, les gorges de l’Ardèche
Pauline Morgana - Artiste, photographe, graphiste, créatrice d'identité visuelle, médiatrice. Travaille sur la mise en scène dans la vie quotidienne
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Eté 2014, les gorges de l’Ardèche

Pendant mes vacances dans les gorges de l’Ardèche, nous avons dormis en pleine nature au bord de l’eau, il n’y avait personne à part nous.

Pendant la nuit je me suis assise et je regardais ces grandes fallaises qui se trouvaient en face de moi. A force de les observer je voyais de nombreux visages se dessiner dans cette roche.

Ces pareidolis donnaient un nouveau sens à ces pierres, qui n’en n’avaient aucun pour moi avant. Dès que je les regardais je voyais ces visages qui m’observaient, ils ne m’étaient pas sympathiques, mais connus, ils me donnaient un sentiment d’inquiètante étrangeté. Ce qui m’était familier, devenait source d’angoisse, ces spectres qui me regardaient étaient comme des souvenirs refoulés auxquels je devais me confronter.

Je ne voulais pas les photographier, car je pensais que je n’aurais pas dû les voir et aussi parce qu’ils m’effrayaient.

Ces visages me rappellent les masques africains, dans la culture africaine, ils sont présents pour perpétuer la mémoire des ancêtres, mais aussi un mode de vie, un peu comme dans les albums de familles. Ils étaient là pour donner un visage à l’inconnu ou au surnaturel.  Ces visages qui confondaient leurs traits avec les plis de la roche me ramenaient sans cesse aux angoisses existentielles de la mort et du jugement.

Ces personnes qui me regardaient faisait ressortir le manque de confiance en moi, elles menaçaient mon identité et questionnaient la place que j’ai du mal à trouver au sein de la société. Ces visages voulaient rentrer dans mon intimité pour mieux  me posséder et me détruire. C’est comme si les personnes qui se moquaient de moi dans mon enfance, revenaient pour me rapeller la petite fille  dite : « boulotte, moche, stupide, sans amis etc.. ». La petite fille manipulable que je pouvais être, car je voulais qu’on m’aime. Ils me rappelaient mes identités refoulées, mais qui ont fait ce que je suis aujourd’hui : une personne méfiante, qui a peur de l’autre et de son côté sombre et destructeur.

Le lendemain matin je me suis réveillée, je suis allée au bord de l’eau et je me suis décidée à prendre ces visages en photographie : C’était un moyen pour moi de les dompter.

Ces images de visages, je ne les ai pas mis dans mon album de photographies de vacances, je les ai gardé pour  moi, car elles sont comme un moment d’angoisse ou de peur enfouillis révélé au grand jour. Les regarder, me permet de les analyser, de prendre du recul et de comprendre pourquoi elles m’ont fait peur.

Category

Artworks